Les questions du Clean Language (avec exemples)

Le Clean Language repose sur un petit ensemble de questions, dites « propres » : elles ne contiennent ni interprétation, ni suggestion, ni présupposé de la part de celui qui les pose. Elles reprennent les mots exacts de la personne et l'invitent à explorer sa propre expérience. Voici les principales, avec des exemples.
Le principe : les mots de la personne, rien de plus
Chaque question suit la même structure : on reprend tel quel ce que la personne a dit, puis on pose la question. Par exemple, si quelqu'un dit « je me sens bloquée », le praticien répond : « Et vous vous sentez bloquée… Et quand vous vous sentez bloquée, ce bloqué est comme quoi ? » Aucun mot nouveau n'est introduit.
Les deux questions les plus utilisées
« Et quel genre de X est ce X ? »
Elle invite à préciser la qualité d'une expérience.
— J'ai besoin de plus de calme.
— Et quel genre de calme est ce calme ?
— Un calme comme un lac le matin.
« Et y a-t-il autre chose à propos de X ? »
Elle ouvre l'espace, sans orienter, pour que de nouvelles informations émergent.
— Et y a-t-il autre chose à propos de ce lac le matin ?
— Il est entouré d'arbres… je m'y sens protégée.
Les questions de localisation
« Et où est X ? » / « Et c'est où, ce X ? »
Elles aident la personne à situer son expérience, souvent dans le corps ou l'espace autour d'elle.
— Et ce blocage, il est où ?
— Là, dans la poitrine, comme un poids.
La question de la métaphore
« Et ce X est comme quoi ? »
C'est la question qui fait naître une métaphore. Or les métaphores sont au cœur du Clean Language : elles donnent une forme à ce qui était flou, et cette forme peut ensuite évoluer.
— Et ce poids est comme quoi ?
— Comme une pierre posée sur moi.
Les questions de temps et de séquence
- « Et ensuite, que se passe-t-il ? »
- « Et que se passe-t-il juste avant X ? »
- « Et d'où pourrait venir X ? »
Elles explorent la manière dont une expérience se déroule dans le temps : ce qui la déclenche, ce qui la suit.
Les questions de désir et de ressources
- « Et qu'aimeriez-vous qu'il se passe ? » — la question d'ouverture par excellence, tournée vers le résultat souhaité.
- « Et que faut-il pour que X ? » — pour identifier les conditions nécessaires.
- « Et X peut-il… ? » — pour vérifier si un changement est possible.
— Et qu'aimeriez-vous qu'il se passe ?
— Que cette pierre devienne plus légère.
— Et que faut-il pour que cette pierre devienne plus légère ?
Pourquoi ces questions transforment
En ne proposant rien, le praticien laisse toute la place au modèle intérieur de la personne. Elle découvre sa propre logique, ses propres symboles — et c'est souvent de cette découverte que naît le changement. La difficulté n'est pas d'apprendre les questions, mais d'adopter la posture qui les accompagne : écouter, reprendre, s'effacer.
Se former aux questions du Clean Language
Ces questions s'apprennent par la pratique, en petit groupe et sous supervision. Les formations Clean Emergence (Modules 1 à 4) permettent de les intégrer pas à pas dans votre pratique d'accompagnement. Pour les découvrir en tant qu'accompagné·e, vous pouvez aussi réserver une séance individuelle.
